Philippe Potié
le jeudi 21 juin 2018
ouvrage
Editions Parenthèses

 

Jusqu’à une période récente, le voyage est resté un privilège dont Brunelleschi, Ruskin, Le Corbusier, Khan ou Venturi avaient célébré la valeur initiatique. Alors que le voyage devient aujourd’hui un élément incontournable de la formation, on aimerait mieux saisir la manière dont s’était déroulée leur découverte de Rome, Venise, Istanbul ou Las Vegas. L’ouvrage se propose de suivre pas à pas chacun de ces voyageurs afin de cerner les mécanismes émotionnels et intellectuels qui s’y déploient. On comprend alors, et c’est la thèse centrale de l’ouvrage, comment y est révélée une langue, et plus exactement une langue première et maternelle. À travers cette langue archaïque, le voyageur prend possession d’un nouvel espace-temps dont les tonalités permettent d’exprimer une contemporanéité. La révélation de ce langage originel s’articule sur trois moments qui forment les chapitres du livre : le premier, inaugural, est une ouverture sur un monde extérieur ; le second, un isolement dans un espace imaginaire délimité ; le troisième, une descente aux sources du vivant que suit une remontée élégiaque vers de nouveaux paysages.
L’ouvrage de Philippe Potié invite le lecteur à explorer, à travers un angle très singulier — le voyage — la genèse de la pensée de quelques-unes des grandes figures emblématiques de l’architecture occidentale – théoriciens et constructeurs. On y découvre les grands maîtres en apprentissage, leurs cheminements intellectuels après leur confrontation avec des monuments célèbres, des ambiances, des lumières, des formes, des cultures différentes. On y perçoit la révélation, l’émerveillement... Ces voyages initiatiques racontés avec intelligence par Philippe Potié donnent une dimension sensible et profondément humaine à ces maîtres, presque devenus des icônes, et permettent du même coup d’appréhender leur œuvre avec un regard neuf et ému... et prouvent qu’il est encore possible de découvrir Brunelleschi ou Louis Kahn.