Raphaël Labrunye
le mardi 08 mars 2016
ouvrage
Genève, MētisPresses, coll. vuesDensemble, 2016, 224p.

 

Une photographie aérienne a transformé l’orphelinat de l’architecte Aldo van Eyck, construit entre 1955 et 1960 à Amsterdam, en une icône – au sens propre du terme –, substituant une image au bâtiment lui-même dans l’imaginaire des architectes et dans la presse spécialisée. Dématérialisée par le médium photographique, l’œuvre fut ensuite réinterprétée dans les années 1970 par
de nombreux auteurs, qui la situèrent
à l’origine de différents mouvements ou concepts architecturaux, comme le structuralisme, le Mat-building ou la
New Amsterdam School. Ces discours, découlant d’une vision qui associe l’orphelinat à une œuvre proliférante, caractérisée par une addition de modules identiques, en modifièrent profondément la réception au sein de la profession et contribuèrent à l’émergence de formes architecturales nouvelles, basées sur la répétition de formes, la non-hiérarchie
ou des principes modulaires et flexibles. Ces interprétations ne résistent cependant pas à une analyse attentive du bâtiment, effectuée dans cet ouvrage grâce aux croquis d’étude de l’architecte et aux plans bétons, qui démontre l’absence de toute rationalisation structurelle et constructive. L’orphelinat d’Aldo van Eyck vise
à renouveler le genre monographique
en proposant une confrontation entre
la fortune critique de l’œuvre et la matérialité structurelle, constructive et plastique de l’édifice achevé. Le travail
sur l’image du bâtiment constitue une contribution précieuse aux investigations consacrées actuellement à l’interaction entre architecture moderne et photographie.

Ouvrage issu d'une thèse de doctorat soutenue à l'ENSA-V/UVSQ en 2009.

Cette publication a reçu le soutien financier du Centre national du livre (CNL), du Bureau de la recherche architecturale et paysagère du ministère de la Culture, de l’École nationale supérieure d’architecture de Bretagne (ENSAB) et du Laboratoire de recherche de l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles (LéaV).

 

Table des matières

Préface de Francis Strauven | 11

Introduction | 13

PARTIE I / LA MEDIATISATION
DE L'ORPHELINAT (1959-1964) | 21

L’orphelinat selon Aldo van Eyck | 23

Le discours de van Eyck | 27

Forum n° 6-7 d’avril/mai 1961 | 35

Les photographies de Forum et la diffusion internationale | 48

Publications internationales | 56

PARTIE II / REINTERPRETATION
DE L'ORPHELINAT (1974 et après) | 77

Mat-buildings (1974 et 2001) | 80

Filiations néerlandaises (1977-1990) | 92

Structuralisme (1977-1992) | 87

Une colonne n’est pas (seulement) une colonne | 110

PARTIE III / UN AUTRE ORPHELINAT (1954-1960) | 119

Le modèle pavillonaire scolaire | 122

Ce projet n’est pas une école | 144

L’œuvre construite | 156

Modernité éclectique | 175

De la substantialité
en architecture | 183

Conclusion | 193

Références bibliographiques | 203

Crédits | 224

 

MētisPresses