Édition établie, annotée et présentée par Stéphanie de Courtois, Marie-Ange Maillet et Eryck de Rubercy d'après une traduction anonyme de 1847
le jeudi 20 novembre 2014
ouvrage
Paris, Klincksieck, 2014

 

Hermann von Pückler-Muskau (1785-1871), prince quelque peu excentrique — son ami, le poète Heinrich Heine, le nommait « le plus fashionable de tous les originaux » — est surtout connu pour ses créations paysagères. L'Allemagne lui doit deux de ses plus beaux parcs à grande échelle : celui de Branitz dans le Brandebourg, et celui de Muskau en Saxe, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
Encouragé par sa rencontre à Weimar avec Goethe en 1810 à persévérer dans l’art paysager, ce « prince parcomane » se forgea au fil de ses lectures et de ses visites de parcs, particulièrement en Angleterre, une esthétique toute personnelle qu’il consigna en 1834 dans ses Aperçus sur l’art du jardin paysager. D’une importance majeure dans l’histoire de ce style, cet ouvrage, affranchi de l’influence anglaise, contribua au rayonnement de son auteur auprès des princes Charles et Guillaume de Prusse (futur empereur) ainsi qu’au-delà des frontières allemandes — notamment en France, où son autorité en matière de jardins fut reconnue par Louis-Philippe et par Napoléon III.

Composé d’un exposé théorique et d’une description du parc de Muskau, pour lequel pendant trente ans, de 1815 à 1845, son créateur sacrifia sa fortune, il est ici donné à lire dans la traduction française anonyme parue en 1847 à Stuttgart dont un seul exemplaire est actuellement connu en France. Enrichi par ses éditeurs de trois textes permettant de mieux en saisir les enjeux, il est complété par l’ensemble des illustrations en couleur de l’album original, qui en font une oeuvre à lire autant qu’à regarder.