Gilles Maury
le lundi 04 novembre 2013
ouvrage
Paris, Editions Picard, 2013, 263p.

 

 

Ouvrage tiré d’une thèse de doctorat, soutenue à l’énsa-V en juillet 2009, éditions Picard.

 

Comment retracer l’histoire d’un édifice quand il n’existe pas d’archives de l’architecture ou du commanditaire, et que le bâtiment lui-même a disparu ? À cette tâche apparemment impossible répond une longue enquête documentaire, prenant ici des dimensions archéologiques. Le château du parfumeur et savonnier Victor Vaissier, édifié en 1892 au cœur de la métropole lilloise en pleine expansion économique, en est devenu un des symboles. Surnommée « palais du Congo », cette extraordinaire demeure évoquait le Taj Mahal et multipliait les références indiennes avec un luxe inégalé dans la région. L’architecte roubaisien Édouard Dupire-Rozan, figure majeure de l’architecture dans la Nord injustement oubliée, sut concrétiser les désirs d’un client aux idées commerciales avant-gardistes. L’absence de sources a longtemps contribué à l’aura de mystère entourant le destin de la demeure, démolie en 1929, et de son commanditaire. En interrogeant la diffusion de l’architecture indienne en France, en évoquant la question de l’image de marque et de l’imaginaire commercial, une approche archéologique de l’édifice révèle les conditions de la création et les sources d’inspiration de ce palais orientaliste. Apparente fantaisie, le château Vaissier n’en fut pas moins une construction maîtrisée pour laquelle l’architecte fut le coordonnateur d’entreprises expertes et d’artistes de renom. Jusque-là considéré comme une curiosité locale, le château Vaissier retrouve sa juste place dans l’histoire de l’architecture, tant française qu’internationale. (Quatrième de couverture)

 

 

Gilles Maury est architecte et docteur en histoire de l’architecture. Il enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille depuis 2004.