Gilles-Antoine Langlois et Anne-Sophie Pimpaud
le samedi 10 novembre 2012
ouvrage
APHP-Somogy, édition d'art, 2012, 240p.

 

 

L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière est l’un des plus grands d’Europe ; une centaine de pavillons et corps de bâtiments couvrent plus de 30 hectares, dont les architectures n’avaient curieusement jamais fait l’objet d’une étude complète et documentée. Cet ancien espace voué à la production de salpêtre pour la poudre à canon, devient en 1656 un hospice renfermant autour de l’église pré-panoptique de Le Vau toute sorte de population féminine indésirable : indigentes, prostituées, folles, justiciables et criminelles. Les architectures de ce temps en traduisent moins la fonction que celles qui résultent du débat national engagé à la Révolution. La prison devient asile, la nosologie s’oppose aux catégories, la médecine impose le projet d’un espace fragmenté, dont la construction au début du XXe siècle de la nouvelle Pitié et de la première école d’infirmières laïques marque le point final. Les cliniques construites par la suite sont inspirés de monoblocs visant l’économie, et ce n’est qu’après 1960 que quelques édifices intéressants apparaissent dans l’enceinte, dus aux architectes Pinsard, Riedberger, Riboulet et Wilmotte. Toutes les époques de l’histoire architecturale de l’hôpital sont ainsi présentes dans l’enclos.