Paolo Amaldi
le jeudi 01 décembre 2011
ouvrage
Gollion, Infolio éditions, 2011, 479p.

 

« L’essai de Paolo Amaldi est une investigation novatrice qui tombe à point nommé. Elle vise à reconstruire cet objet toujours mal identifié – ou avec une certain naïveté et candeur – par nos professions d’architectes, d’historiens et de critiques : l’espace architectural. L’auteur s’intéresse aux questions du regard, de l’attention que nous portons à notre environnement, en partant du principe que l’espace est l’objet d’une perception physique et mentale, et que cette dernière – peu importe qu’elle soit consciente ou inconsciente – est toujours intéressée. La séduisante hypothèse qui se dégage de cet essai est que nous sommes toujours en dedans ou en dehors de cet espace, physiquement mais aussi mentalement.

L’auteur nous livre une « histoire du regard en mouvement ». Cet ample et vaste panorama passe en revue les époques qui ont, à chaque fois, pensé et mis le regard en mouvement de façon différente et renouvelée. Ce texte ne nous parle pas de ce qui est vu mais de la façon dont le spectateur est amené à construire l’espace en même temps qu’il en fait l’expérience.

La richesse des références induites par cette recherche est inépuisable et le grand mérité de Paolo Amaldi est d’avoir réussi avec efficacité à rendre compte des différentes postures du spectateur dans l’espace qui se sont succédées au cours du temps, en se complétant ou en se contredisant. Sachant que ces postures se sont constituées en rapport aux savoirs d’une époque donnée comme, par exemple, la psychologie expérimentale naissante qui a largement influencé les théories artistiques et la sensibilité de la période charnière située à cheval entre les XIXe et XXe siècles. »

 

Bruno Reichlin, professeur à l’Accademia di Architettura de Mendrisio.