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Héritage, patrimoine et création

Axes de recherche 2019-2024

Héritage, patrimoine et création

 

 

L’environnement construit, qu’il soit ancien ou contemporain, les stratifications successives de la ville et des paysages, dont la complexité pose des défis constamment renouvelés de lecture et de compréhension, forment plus que jamais des questions actuelles. L’inscription du projet architectural dans un environnement existant, la pensée sur la ville et ses flux, les demandes en faveur d’une approche durable des territoires, soulèvent des questions sur l’inscription des nouveaux projets dans la ville héritée. Car penser le projet et la ville aujourd’hui dans une vision renouvelée de nos modes de vie suppose de l’insérer dans une réflexion globale tenant compte des dynamiques patrimoniales sous-jacentes aux transformations des territoires.

Plusieurs approches et outils permettent de travailler sur les savoirs, les modes de représentation et de transmission. Nombreux parmi ces moyens sont exploités concomitamment dans des projets de recherche et dans l’enseignement. En collaboration avec la Fondation des Science du Patrimoine, le projet DIM MAP permet à l’échelle de l’Île-de-France de construire des relations étroites entre sciences de l’homme, de l’environnement et les sciences physico-chimiques. Par l’étude des objets et de la matérialité des œuvres, cette entrée interdisciplinaire permet d’orienter les recherches sur l’historicité de la matière des œuvres, une question incontournable pour les bâtiments. La relation fructueuse nouée avec la Fondation des sciences du patrimoine et les équipes de ce périmètre régional demande ainsi à être encouragée et renforcée.

Les deux masters associés à l’ENSAV font de la recherche un axe central : le master « Jardins historiques, patrimoine et paysage », dont le rapprochement et l’habilitation prochaine avec l’École universitaire de recherche (EUR) de la ComUE Paris-Seine laissent augurer des collaborations interdisciplinaires nouvelles et fructueuses ; le master « Architecture et ses territoires » (AST) dont l’association avec l’Université de Paris-Saclay est confortée, évolue vers un intérêt marqué pour les sciences de la restauration et l’expertise patrimoniale ; ils pourront rejoindre à terme le projet de création d’une formation spécifique – DSA ou autres – dispensée par l’ENSAV. Par ailleurs, de nouvelles perspectives pédagogiques et de recherche sur les modes de représentation visent à faire évoluer la connaissance de l’existant. Les études opérationnelles, les relevés, les initiatives prospectives, les enquêtes, la diversité des échelles urbaines sur lesquelles se penche la recherche, forment autant de leviers d’action pour étudier les lieux en les saisissant dans leur complexité.

  

Héritages et développement durable des territoires 

Comprendre les enjeux liés à la préservation des environnements urbains et ruraux, leur transmission dans des cadres règlementaires changeants et leur potentiel d’adaptation face aux évolutions des sociétés et aux équilibres menacés du monde vivant, repose sur une analyse approfondie des sites, des bâtiments ou des objets et des dynamiques qui ont marqué leur évolution. Il s’agit tout autant d’interroger certaines formes urbaines et bâties ou certains territoires et projets paysagers aujourd’hui en déshérence – architectures de la reconstruction, parcs urbains, zones suburbaines –, que de penser leur pérennité dans une approche concrète de l’aménagement territorial et urbain. La lecture qui peut en être faite est conditionnée par des stratégies de développement économique dont les temporalités ne coïncident pas toujours avec une réflexion mûrie sur le projet de reconversion. Le rapport qu’entretiennent les habitants avec d’anciens bâtiments dont ils sont aujourd’hui les usagers (« Façons d’habiter le XVIIIe arrondissement »), les analyses réalisées sur des ensembles urbains et paysagers, conçus ou transformés au XXe siècle (Diagnostics historiques et paysagers du master JHPP), la capacité d’adaptation aux nouvelles règlementations environnementales et la question énergétique (« Architectures de la reconstruction en Val-de-Loire »), forment autant de problématiques qu’il y a de volontés de les traiter de manière savante et nuancée.  

 

Interroger les processus de construction patrimoniale 

Les actions de patrimonialisation ne découlent pas nécessairement de l’évidence de la valeur des édifices et des sites. Elles sont changeantes en fonction des priorités données à chaque époque par des groupes différents, de ce qui est jugé comme digne d’intérêt et représentatif de valeurs communes. Cette analyse permet de pointer les mécanismes à l’œuvre dans les opérations de valorisation, comme d’expliquer les oublis ou les destructions. Parmi les actions de recherche, « La relecture critique de la Charte de Florence » sur les parcs publics urbains historiques découle de l’actualité donnée à cette question par ICOMOS International, et l’intérêt de confronter cette analyse avec les recherches menées sur la Charte de Venise. L’extension du champ patrimonial aux architectures banales est l’occasion d’interroger la relation qu’entretiennent les œuvres d’art et les aménagements mobiliers avec la conception de l’espace. Cette question peut être associée avec les interrogations plus générales sur les différentes modalités d’interventions en faveur d’opérations de restauration sur les monuments des XIXe et XXe siècle. Enfin, l’exploitation touristique donnée à travers les « souvenirs », images ou objets à forte tradition populaire, montre comment l’objet et ses multiples déclinaisons commerciales agissent dans les processus de patrimonialisation des édifices. 

  

Développements culturels et touristiques

Les phénomènes de métropolisation mondiale sont aujourd’hui interrogés au prisme des flux touristiques, garants d’un développement économique et de mises en valeur assurant la sauvegarde des ensembles urbains. Mais parfois aussi, ces actions conduisent à des exploitations excessives qui modifient les lieux en faveur d’une réponse à la demande touristique. Entre sauvegardes et altérations, transmissions et évolutions, la problématique relative aux développements touristiques est riche de questionnement autour de la valorisation touristique des sites, de l’évolution des équipements et de la conservation des ensembles urbains. La participation au réseau Designing Heritage Tourism Landscapes International Network, la proposition d’organisation d’un workshop portant sur « Tourisme et patrimoine », celle d’un colloque « Paysages culturels, nouvelles lectures des territoires » et la participation à la Biennale d’architecture, d’urbanisme et de paysage en 2019, forment autant d’occasions de développements d’une problématique partagée par de nombreuses équipes de recherche. Les quartiers, les espaces publics et leurs bâtiments emblématiques sont soumis à des nouvelles hybridations d’usages et à des flux inédits. Sous une apparente stabilité, certains paysages urbains sont investis par de profondes mutations, d’autres secteurs, officiellement muséifiés, sont a contrario transformés progressivement pour consolider leur attractivité. Une analyse rétrospective du projet patrimonial porté par le XXe siècle peut fonder un regard renouvelé sur les dynamiques en cours et en saisir le potentiel et les fragilités. La collaboration avec le Conseil départemental des Yvelines dans l’étude d’un panel représentatif de collèges permettra d’engager les étudiants du master AST dans des études approfondies sur des édifices récents, et de contribuer à une sensibilisation des publics locaux à leur territoire.

 

Cultures professionnelles, médiations et transferts culturels

L’analyse des corpus de revues forme matière pour comprendre les phénomènes d’acculturation, de transmission des savoirs et des modes de représentation de l’espace. Parmi ceux-ci, l’étude des revues muséales constitue un support d’analyse des relations entre concepteurs des espaces intérieurs et professionnels de la conservation. Y est posée la question des modèles, des modes de diffusion, de la rhétorique propre à des catégories professionnelles distinctes et la manière dont elles peuvent dialoguer au service du projet d’aménagement intérieur. Dans cette visée interprofessionnelle, la recherche portant sur « Comment lire la revue Aujourd’hui : art et architecture », interroge tout à la fois les modes de communication propres à la revue que la constitution d’une nouvelle relation entre art et architecture. Enfin, les types de médias sont analysés autant pour leur rôle informatif – relater l’évènement, comprendre la ville – que dans leur capacité à constituer de nouvelles catégories de corpus scientifique. Mené avec l’ENSPV, avec laquelle les liens naturels ont été récemment resserrés, le projet autour des archives des concepteurs paysagistes du XXe siècle interroge les processus de patrimonialisation en même temps qu’il veut forger les outils de collecte, d’analyse et de médiation de ces cultures professionnelles ; l’étude des transferts culturels autour des savoir-faire jardiniers, notamment les liens établis entre la France, l’Italie et l’Allemagne aux XIXe et XXe, par un effet de distanciation, contribue à la réflexion sur les réappropriations de gestes anciens pour affronter les défis environnementaux.

 

Cet axe est coordonné par Stéphanie de Courtois

 

Heritage, patrimony and creation

 

The constructed environment, whether historical or contemporary, and the successive stratifications of the city and landscapes, whose complexity poses endless challenges to their reading and interpretation, are, now more than ever, current issues. The inscription of the architectural project into an existing environment, thought on city and its fluxes, and requests for a sustainable approach to territories all pose questions about the insertion of new projects in the inherited city. To think the project and the city today in a renewed vision of our lifestyles is to insert the project in a global reflection that considers the patrimonial dynamics that underlie the transformation of territories.

One can adopt several approaches and tools to work on knowledge and modes of representation and transmission. Many of these resources are used simultaneously in research projects and education. The DIM MAP project, in collaboration with the Foundation for Cultural Heritage Sciences (Fondation des Sciences du Patrimoine), brings chemical physics and the human and environmental sciences closer in Ile-de-France. Through the study of objects and the materiality of œuvres, this interdisciplinary approach orients research toward the historicity of the works’ material, an essential question for buildings. Our fruitful relationship with the Foundation and the teams located in this region must be encouraged and reinforced.

The two master’s degree programs at the ENSAV place research at their center: the program “Historical gardens, heritage, and landscape” (JHPP for Jardins historiques, patrimoine et paysage) holds ties with the ComUE Paris-Seine’s EUR – ties which promise new interdisciplinary and fruitful collaborations; the program “Architecture and its Territories” (AST for Architecture et ses territoires) in partnership with the Paris-Saclay University is evolving toward restoration sciences and cultural heritage expertise. Ultimately, these programs will become part of ENSAV’s project to create specific degrees. Also, new pedagogical and research-related perspectives on modes of representation allow for the transformation of our existing knowledge. Feasibility studies, plans, prospective initiatives, studies, the diversity of urban scales that research considers are all levers to study places by grasping their complexity.

 

Heritage and sustainable development of territories

To understand the issues at the heart of the preservation of urban and rural environments, the transmission of these environments within changing regulatory framework and their potential for adaption when faced with the evolution of societies and the threatened equilibrium of living beings, requires an in-depth analysis of sites, buildings, or objects and of the dynamics that marked their evolution. We must also question certain urban and built forms, or certain territories and landscape projects, that are neglected today – architecture of reconstruction, urban parks, suburban zones – as well as take a concrete approach to territorial and urban planning to think about their permanence. Strategies of economic development propose temporalities that do not always coincide with the careful reflection involved in a reconversion process. The relationship that inhabitants share with old buildings that they now inhabit (“Ways to Live in the Eighteenth Arrondissement,” “Façons d’habiter le XVIIIe arrondissement”), analyses of urban and environmental complexes designed or transformed in the twentieth century (historical and environmental diagnostics of the JHPP master’s program), the capacity for adaptation to new environmental regulations, and the energy issue (“Architectures of Reconstruction in Val-de-Loire,” “Architectures de la reconstruction en Val-de-Loire”) are all questions that we want to address in nuanced and skillful ways.

 

Questioning the processes of patrimonial construction

The development of cultural heritage does not necessarily come from the manifest worth of monuments and sites. It evolves depending on the priorities of different groups at different times, according to what is considered worthy of interest and representative of shared values. This analysis highlights the mechanisms at work in enhancement operations and explains destruction and neglect. Among our research actions, “the critical rereading of the Florence Charter” on public urban historical parks was inspired by a renewed interest for the matter (which was stimulated by ICOMOS International), and the comparison of this analysis to research led on the Venice Charter. The extension of the notion of cultural heritage to “unremarkable” architecture is an opportunity to question the relation between works of art and interior design with the conception of space. This question can be tied to more general ones regarding different ways of intervening in favor of restauration operations on nineteenth and twentieth century monuments. Finally, the tourism activated by these “memories” (images or objects that strongly evoke popular tradition) shows how objects and their multiple commercial variations are part of the process by which buildings enter the realm of cultural heritage.

 

Cultural and tourism developments

Today, world metropolisation phenomena are analyzed through the prism of tourism fluxes that guarantee an economic development and enhancement that will safeguard these urban structures. But sometimes these actions lead to excessive use that modify places to respond to demands from the tourism industry. Between protection and alteration, transmission and evolution, the issue of tourism development poses questions about the tourism-related promotion of sites, the evolution of equipment, and the conservation of urban structures. Our participation to the Designing Heritage Tourism Landscapes International Network, our offer to organize a workshop on tourism and heritage and a symposium “Cultural landscapes, new readings or territories,” and our participation to the Architecture, Urbanism, and Landscape Biennial in 2019 are all opportunities to develop a set of questions that will be shared by numerous research teams. Neighborhoods, publics spaces, and their emblematic buildings undergo new hybridizations of uses and experience new fluxes. Behind their apparent stability, some urban landscapes experience profound changes. Meanwhile, other sectors that have officially been “museified” are progressively transformed to strengthen their attractiveness. A retrospective analysis of the heritage project carried out in the twentieth century could offer a renewed outlook on these ongoing dynamics in order to understand their potential and fragilities. Our collaboration with the Conseil départemental des Yvelines (Departmental Council of the Yvelines) in our survey of a representative panel of colleagues will engage the AST master’s students in in-depth studies of recent buildings and will contribute to raising the local public’s consciousness of its own territory.

 

Professional cultures, cultural mediations and transfers

Analyzing a corpus of publications provides ways to understand the phenomena of acculturation, of knowledge transmission, and of modes of representing space. Among these, the study of museum publications allows one to analyze the relation between interior designers and conservation professionals. This analysis gives rise to questions around models, modes of diffusion, the rhetoric of each professional category, and the way in which these categories can enter into dialogue to serve an interior design project. With this interprofessional goal, the research project “How to read the publication Aujourd’hui : art et architecture” questions both the publication’s own modes of communication and the creation of a new relationship between art and architecture. Finally, various media are analyzed in their informative role (to relate events, to help understand a city) and their capacity to constitute new categories of a scientific corpus. Led with the ENSPV, which has naturally become a closer partner, the project around the archives of twentieth-century landscape designers questions the development of cultural heritage while developing tools to collect, analyze and mediate these professional cultures. The study of cultural transfers around garden expertise, and notably France, Italy, and Germany’s developing ties in the nineteenth and twentieth centuries, contributes to the reflection on the reappropriation of old processes to face environmental challenges.

 

This area of research is coordinated by Stéphanie de Courtois.