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Métropolisation et développement territorial

Axes de recherche 2019-2024

Métropolisation et développement territorial

Cet axe de recherche constitue l’un des marqueurs identitaires de la recherche à l’ENSAV. Il s’ancre aussi fortement dans l’enseignement du projet, notamment au sein des ateliers de master (P45), en France mais aussi à l’étranger. Pour exemple, en France, l’atelier « Ruralités métropolitaines », développé en partenariat avec l’ENSPV. L’ENSAV a développé de nombreux partenariats internationaux concrétisés dans le cadre de ces ateliers P45, qui ont permis au fil des ans de constituer les éléments d’un atlas de la métropolisation. Comme par le passé, ils pourront être couplés avec des journées d’étude ou des séminaires de recherche. Le double master franco-chinois en anglais (avec le Collège d’architecture, d’urbanisme et de planification de l’Université de Tongji), autour de la problématique de l’écologie urbaine et la chaire partenariale franco-chinoise d’enseignement et de recherche Mobilités métropolitaines innovantes charpentent un socle de partenaires sur lesquels ancrer une recherche finalisée autour des questions de risques et de résilience métropolitains et des nouvelles mobilités. La participation au réseau Designing Heritage Tourism Landscapes International Network (convention, janvier 2018), dont le 3ème séminaire international a été organisé par le LéaV, à l’ENSAV, les 12-13 juillet 2018, complète ce dispositif, avec une ouverture internationale renforcée et des interactions évidentes entre l’axe « Métropolisation » et l’axe « Héritage, patrimoine ». Enfin, il faut mentionner la Biennale d’architecture et de paysage d’Île-de-France qui se tiendra à Versailles, en mai-juillet 2019, sur le thème « L’homme, la nature, la ville », qui permettra au LéaV de valoriser ces travaux.  

 

La notion de territoire est devenue aujourd’hui très générale. Si la référence spatiale y est centrale (J. Lévy, M. Lussault, 2000), le territoire présente une double nature, à la fois matérielle et symbolique, en relation avec les systèmes de représentation et, au travers du vécu, de la perception qu’une diversité d’individus et de groupes a de son « environnement ». Dans la plupart des travaux antérieurs du LéaV, elle est revisitée sous un angle systémique, afin de produire une définition opérationnelle. Le territoire se trouve ainsi placé au cœur de la complexité. Pour comprendre et interpréter le(s) territoire(s), il est alors nécessaire de proposer des outils susceptibles d’aborder la complexité qui sous-tend à la fois les organisations spatiales, mais également les systèmes d’acteurs qui les font évoluer. Le concept de métropolisation n’est pas ici compris comme élément statique, mais comme processus. Historiquement référé au modèle de « La ville à trois vitesses » (Donzelot, 2009), ce thème de recherche présente d’indéniables apports en matière d’analyse des territoires, en articulant trois mouvements urbain : la gentrification, la périurbanisation et la relégation. Les chercheurs du LéaV engagés sur cet axe de recherche font cependant l’hypothèse d’une évolution possible de ce modèle en fonction des nouveaux contextes économiques, sociaux et culturels survenant sur les territoires. Deux arguments abondent en ce sens. Le premier concerne la perspective d’un étalement urbain positif, qui impacterait économiquement et culturellement tous les territoires suburbains. La métropole deviendrait un repère positif pour les habitants des territoires périphériques. Le second argument repose sur l’hypothèse d’une acculturation du suburbain européen au modèle de la suburbia américaine ; la frontière avec l’urbain ne serait plus discriminante mais deviendrait un horizon à dépasser économiquement et culturellement. Partant de ces arguments, l’enjeu théorique est de penser et d’anticiper les évolutions socio-économiques, politiques et écologiques des territoires en fonction de leurs liens aux métropoles. En termes de recherche fondamentale et de recherche appliquée (recherche-action), nos enjeux impliquent d’expérimenter sur les territoires le concept de métropolisation.

 

Périurbain et péri-métropolitain, zones tampons 

Les territoires péri-métropolitains français sont caractérisés par des zones suburbaines économiquement impactées par les métropoles et des territoires plus relégués : post-industriels, post-ruraux, exo-villages, petites villes enclavées. Il s’agit de comprendre les liens dynamiques existant entre l’économie des territoires et les modes d’habiter. Le risque – tant scientifique que politique – est en effet de produire des analyses territoriales statiques référées à des modèles binaires à consonance identitaire (métropoles versus périphéries ; riches versus pauvres ; urbains cosmopolites versus white trash). Nous pensons qu’une telle approche, en opposant métropoles et périphéries, ne peut mener qu’à une opacification de ces dernières et, par-là, à un angle mort de la recherche et de la gouvernance. Nous faisons au contraire l’hypothèse d’un processus subtil et dynamique, exigeant des analyses capables d’introduire toutes les nuances des processus territoriaux. Il s’agit de produire, à terme, des typologies territoriales fines et appréhendables par leur interdépendance.

La question des zones tampons, espaces de relégation et d’indétermination fonctionnelle, va au-delà de la seule distinction entre périurbain et péri-métropolitain. Elle constitue un prolongement de ces premiers questionnements pour aborder la question des limites et des espaces indéterminés, sujets à des mutations ou laissés pour compte. L’objectif du projet de recherche The buffer metropolis: mirroring on sustainable subjects est de savoir comment on peut transformer les infrastructures les plus polluantes (aéro- et fluvio-portuaires, les zones industrielles, logistiques et commerciales, les autoroutes et le rail, etc.) en des véritables tampons soutenables. Il est également possible de se saisir de ces questionnements pour effectuer une comparaison entre métropoles en termes de constat, de projet, de jeu d’acteurs, de gouvernance mais aussi d’information, de concertation, de co-production, etc.

  

Représentations et usages de la photographie dans les villes   

Ce thème de recherche interroge l’archive photographique et les représentations des métropoles à différents niveaux. Le terrain choisi est l’espace arabe, partant du constat de la structuration, depuis le milieu des années 2000, d’entreprises d’archivage de la photographie et de la diversification des formes et objets de la patrimonialisation dans cet espace. Il s’agit d’abord de considérer l’archive photographique (municipale, privée, associative, etc.) dans sa dimension culturelle, en tant qu’elle constitue une source de connaissance et de valorisation des territoires. Comment et à quel titre la photographie est-elle mobilisée dans la construction de l’image passée et actuelle des villes et quelle place occupe-t-elle de manière plus large dans le contexte des politiques et pratiques patrimoniales ? Il s’agit aussi de voir, dans une perspective institutionnelle et politique, comment l’archive participe aux processus de métropolisation, de rayonnement et de la construction de l’image des villes aux échelles régionale et globale. Elle apparaît, en effet, comme un outil de valorisation de l’image passée et actuelle des villes, un élément clé de la production d’un discours plus ou moins officiel sur la ville et son historicité. Pour aborder cette patrimonialisation de/par l’image des villes dans le monde arabe, nous adoptons une double démarche qui combine une analyse des représentations photographiques et l’ethnographie des institutions culturelles. Cette approche vise à comprendre les liens entre ce qui est donné à voir et ce que l’on dit de la photographie, ce qu’on lui fait dire, à travers des usages divers (indexations, classements, expositions, édition). Elle questionne aussi le statut du médium dans les sociétés arabes, en repérant notamment l’émergence de catégories nouvelles – notamment celle d’une photographie documentaire – et les signes de la professionnalisation, de la valorisation et de la reconnaissance du travail des photographes. 

 

Villes transfrontalières 

Dans la lignée de plusieurs travaux du précédent contrat, ce programme cherche à identifier les dynamiques de métropolisation à travers leurs relations avec les logiques frontalières. Les frontières s’imposent parfois aux villes (Berlin ou Jérusalem). Elles peuvent aussi les empêcher de suivre leur développement « naturel » dicté par la géographie et/ou l’opportunisme économique (ex. dans l’Europe centrale). Elles peuvent aussi être éloignées, mais avoir un impact local dramatique (la « jungle » de Calais, l’émigration « méditerranéenne » en Grèce et Italie). Elles peuvent enfin offrir des opportunités qui fabriquent des continuités urbaines schizophrènes (la frontière entre les États-Unis et le Mexique). Pour appréhender cette typologie, une approche en trois temps est proposée : Le benchmarking, dans une optique très large, permet d’identifier les mécanismes de la dynamique transfrontalière. Il permet aussi une indispensable prise de conscience de la transversalité du phénomène. L’échelle européenne, avec les cas frontaliers « classiques » (notamment la France avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie), les riverains (le Rhin et le Danube), les cas paradoxaux (la Suisse, Monaco, Andorre … et la Méditerranée). Le cas d’étude (le projet), en un troisième temps, porte sur le cas bucarestois ; il a pour objectif de comprendre la constitution des frontières – réelles ou imaginaires – dans la capitale, en suivant sa stratification historique et ses évolutions sociales et urbaines. Cette étude de cas lie fortement recherche et projet urbain, dans la compréhension des dynamiques urbaines et des évolutions possibles pour la ville.

 

Cet axe est coordonné par Eric Chauvier.

 

Metropolis and territorial development

 

This area of research constitutes the core identity of research at the ENSAV. It is deeply anchored in project instruction, notably in the master’s workshops (P45) in France as well as abroad. For instance, in France, the workshop “Metropolitan Ruralities” (Ruralités métropolitaines) was developed in partnership with the ENSPV. The ENSAV has developed numerous international partnerships that were solidified in the P45 workshops and led to the development, over the years, of an atlas of metropolis development, or metropolization. These workshops could be paired with conferences or research seminars as they have been in the past. The French-Chinese double master’s degree in English, in partnership with Tongji University’s College of Architecture and Urban Planning and centered around the issue of urban ecology, and the French-Chinese Chair of Innovative Metropolitan Mobility both provide a structure for the study of metropolitan risks and resilience and new mobilities. Our participation in the Designing Heritage Tourism Landscapes International Network (January 2018), whose third international seminar was organized by the LéaV at the ENSAV on July 12-13, 2018, completes this structure and reinforces our international position. Obvious connections can be made between the area of research “Metropolization” and “Heritage.” Finally, the Ile-de-France Architecture and Landscape Biennial will be held in Versailles, from May to July 2019, around the theme “Man, Nature, City” which will be an opportunity for LéaV to display its work.

 

Spatiality is central in the contemporary conception of territory (J. Lévy, M. Lussault, 2000), yet it is a dual notion, both material and symbolic, connected to systems of representation and, through personal experiences, to the perception that individuals and groups have of their “environment.” In most of LéaV’s previous work, the notion of territory is analyzed from a systemic angle in order to define it operationally. Territory as a notion is thus inherently complex. To understand and interpret territories, it is necessary to propose tools that allow us to address the complexity that underlies spatial organization as well as the systems of actors involved in the territory’s evolution. Here, the concept of metropolization is not analyzed as static but rather as a process. Historically tied to the model of “the three-speed city” (Donzelot, 2009), this area of research offers contributions to the analysis of territories by articulating three urban movements: gentrification, periurbanization, and relegation. LéaV’s researchers involved in this area speculate that this model will possibly evolve as new economic, social, and cultural contexts shape territories. Two arguments point to this evolution. Firstly, a positive urban sprawl may economically and culturally impact all suburban territories. The metropolis would become a positive place for those who inhabit peripheral territories. Secondly, European suburbia may undergo acculturation, following the example of American suburbia. The urban frontier would no longer be a source of discrimination, but would rather become a horizon to cross, both economically and culturally. Given these arguments, our theoretical approach is to think and anticipate the socio-economic, political, and ecological evolutions of territories according to their ties to the metropolis. In terms of fundamental research and applied research (research-action), our issues require that we test the very concept of metropolization on territories.

 

Periurban and perimetropolitan, buffer zones

French perimetropolitan territories are characterized by suburban zones that are economically impacted by the metropolis and by farther-removed territories (post-industrial, post-rural, small enclosed cities). What are the current, dynamic ties between the economy of territories and modes of inhabiting them? The risk, both scientific and political, lies in producing territorial analysis statistics that refer to binary models tied to identity (metropolis vs. periphery, rich vs. poor, urban cosmopolites vs. white trash). We believe that this approach which opposes metropolis and periphery can only render these terms opaquer and therefore lead to a blind spot, both for research and governance. We envision a different approach, subtle and dynamic, that would require analyses that fully grasp the nuances of territorial processes. Ultimately, we aim to produce territorial typologies that are subtle and apprehensible through their interdependence.

The question of buffer zones – spaces of relegation and functional indetermination – goes beyond the mere distinction between the periurban and the perimetropolitan. It extends past these issues to address the question of limits and indeterminate spaces that are subjected to mutations or neglect. The research project The Buffer Metropolis: Mirroring on Sustainable Subjects asks how the most polluting infrastructures (airports, ports, industrial, logistical, and commercial zones, highways, railways, etc.) could be transformed into actual sustainable buffers. These questions can also allow for a comparison between metropolises in terms of assessment, project, actor-networks, governance, but also information, concertation, co-production, etc.).

 

Representations and uses of photography in cities

This research theme questions the photographic archive and the representations of metropolises at different levels. We chose the Arab world where photography archiving companies have emerged since the mid-2000s and where the forms and objects of heritagization (the process through which objects, places and practices are turned into cultural heritage) have diversified. We must first consider the photography archive (municipal, private, etc.) in its ability to be a source of knowledge and promotion of territories. How and why is photography used in the construction of the past and present image of cities? Which role does it have in the larger context of heritage politics and practices? From an institutional perspective, how does the archive take part in the process of metropolization, of influence, and of the construction of a city’s image on the regional and global scale? The archive appears to be a tool that makes the past and present image of cities attractive, a key element in the production of a more or less official discourse on the city and its historicity. To address the ties between heritage and the image of cities in the Arab world, our approach will combine an analysis of photographic representations and an ethnography of cultural institutions. This approach aims at analyzing the relation between what is shown and what is said about photography, and what one makes photography say through different practices (indexations, classification, exhibition, edition). We also question the status of photography in Arab societies by observing the emergence of new categories – notably documentary photography – and tracking the professionalization, promotion, and recognition of the work of photographers.

 

Cross-border cities

In line with several projects from the previous contract, this program aims at identifying metropolization processes through their relation with border-related issues. Borders can sometimes impose themselves on cities (Berlin or Jerusalem). They can also prevent cities from experiencing their “natural” development as dictated by geography and/or economic opportunism (in Central Europe) for instance. They can also be far-removed but have a dramatic local impact (the Calais Jungle, Mediterranean emigration in Greece in Italy). Finally, they can offer opportunities that create fractured urban continuities (the United States-Mexico border). A three-step approach is offered to grasp this typology: firstly, benchmarking helps identifying the mechanisms of cross-border dynamics and it also promotes a necessary awareness of the phenomenon’s transversality. Second step: the European scale, with its “classic” border cases (France with Germany, Spain, and Italy), its rivers (Danube, Rhine), and its paradoxical cases (Switzerland, Monaco, Andorra… and the Mediterranean). Third step: the case study (the project) which focuses on Bucharest and aims to understand the constitution of borders (whether real or imaginary) in the capital city by following its historical stratification and its social and urban evolutions. This case study brings together research and urban project in order to comprehend urban processes and the possible evolution of the city.

 

This area of research is coordinated by Eric Chauvier.