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Les espaces et leur sens

Axes de recherche 2014-2019

Les espaces et leur sens

 

 

Il a souvent été considéré que notre comportement résulte de prises de décisions purement rationnelles. Or, depuis quelques années, le rôle des émotions suscite un intérêt croissant dans les milieux aussi bien scientifiques, que politiques et économiques. Domaine de prédilection des psychologues, neuroscientifiques, psychiatres et philosophes, l'étude des émotions intéresse aujourd'hui également les historiens et les architectes. Cet axe de recherche est plus spécifiquement orienté sur l’attention que nous portons à notre environnement, en partant du principe que l’espace est l’objet d’une perception physique et mentale. Il interroge le rapport du sujet à l’espace, l’émotion, la manière dont l’esprit s’empare du monde par l’expérience du corps. Les progrès des neurosciences participent à ce regain d'intérêt qui avait été marqué, dans les années d'après-guerre, par les approches phénoménologique et gestaltique. Les champs d’expertise des différentes actions de recherche ici impliquées sont complémentaires. Il y a un gisement de productivité et un potentiel scientifique importants dans leur mise en cohérence et leur capitalisation. L’objectif est de réexaminer cet objet toujours mal identifié par les professions d’architectes, d’historiens et de critiques : l’espace architectural, urbain ou paysager. Cette approche vise également à contribuer au renouvellement des méthodes d’analyse. Parallèlement, elle conduit à reconsidérer la structure duelle sujet/objet, ou nature/culture, et donc à penser les interactions entre l’homme et son milieu. C’est pourquoi, elle donne une place à la question de l’espace (architectural, urbain ou paysager), au sein des enjeux de développement durable et soutenable. 

 

 

  • Architecture et émotion.

L’enquête sur la liaison entre « forme » et expérience émotive du sujet était déjà introduite par la Raumgestaltung, une notion élaborée au sein de la théorie de l’Einfühlung par August Schmarsow (1896), partisan du « sentiment de la spatialité », en tant que substance de l’architecture. Cette notion a contribué à orienter l’attention de la critique (et les préoccupations des artistes) tant sur les valeurs spatiales qui sont propres à l’objet, que sur l’expérience sensorielle du sujet qui saisit ces valeurs en parcourant, de ses sens, l’espace architectural. L’essai théorique de P. Amaldi, Architecture, Profondeur, Mouvement, a proposé une histoire du regard en mouvement et une investigation novatrice des différentes postures du spectateur dans l’espace, dont il fait l’expérience. À sa suite, plusieurs chantiers nouveaux se dessinent :

- Des traits, des lignes, des volumes se révèlent capables de signifier bien plus que la taxinomie de leurs formes. Un édifice, un paysage, où la densité et « l’épaisseur du vide » précipitent le spectateur dans un « sentiment », ou dans une « sensibilité diffuse » qui relève du fondement même de l’esthétique. En collaboration avec le pôle des sciences affectives de l’Université de Genève et en partenariat avec l’équipe des chercheurs en neuroscience du professeur Didier Grandjean, un atelier expérimental sera mis sur place à l’ENSA-V, sur le thème de l’expérience du sublime et de l’anti-sublime (P. Amaldi et S. Stacher, dont la thèse est associée à cet axe). Cet atelier sera lié à une unité d’enseignement de projet.

- Dans le cadre d’une collaboration avec l’Université de Montréal et la chaire LEAP du professeur Jean-Pierre Chupin, P. Amaldi  développera la thématique : la danse, le mouvement et l’architecture. Elle sera inaugurée par l’organisation d’un colloque international dont P. Amaldi est l’un des promoteurs, avec l’historienne de l’art et de la danse, Sarah Burckhalter (Université de Genève). Les recherches de cette dernière examinent le rôle de modèle joué par la danse dans la refondation esthétique au tournant du vingtième siècle.

« Formes émouvantes. Sur la “captation savante” de l’œuvre architecturale au XXe siècle » (programme bilatéral, en coopération avec la Fondation Archivio del Moderno, Mendrisio, piloté par A. Viati Navone, chercheur invité). Une thèse en cotutelle est prévue en 2014-2015. L’interprétation de l’œuvre d’architecture au XXe siècle profite, habituellement, d’instruments critiques théorisés et mis au point (souvent) par des philosophes et des historiens d’art, au cours du XIXe siècle, qui ensuite ont évolué à travers leurs usages. Ces instruments restent étroitement liés à la substance même de l’architecture (notions portant sur la structure, la fonction, l’espace intérieur, par exemple la tectonique, etc.). À l’aide de ces outils, on rend pleinement raison de l’objet dans sa matérialité, de son aspect factuel. Les relations immatérielles (esthétiques, perceptives, émotionnelles, affectives, etc.), qui s’établissent entre l’objet architectural et celui qui le perçoit, demeurent peu élucidées, de même que l’ensemble des composants qui font « figure » (c’est-à-dire, un groupe temporaire et subjectif d’éléments signifiants, reconnaissables par l’observateur sur la base de sa sensibilité et de sa culture) et qui produisent une tension émotive associée à sa perception. Le projet de recherche découle de la prise de conscience des lacunes qui limitent, ainsi et jusqu’à présent, la critique architecturale. Son objectif vise au développement de nouvelles méthodes d’analyse et d’interprétation de l’œuvre architecturale, à partir, d’une part, d’une investigation historique et de la reconstitution généalogique des outils critiques employés dans d’autres disciplines, et, d’autre part, d’une analyse pilote d’œuvres.

 

  • Présentation et représentation : la mise en ambiances des espaces

Une nouvelle pensée sensible des espaces urbains est active depuis une trentaine d’années. Saisie, dans un premier temps par les historiens et les anthropologues, elle est aujourd’hui appliquée à des problématiques architecturales, urbaines et paysagères qui permettent d’élargir son champ d’action et ses possibles objets de recherche. Cet intérêt pour le rôle des sens et les types de perceptions, qui sont des manifestations proprement individuelles mais qui peuvent tendre vers des caractérisations objectives et des analyses de phénomènes collectifs, a gagné une véritable légitimité en intégrant des approches véritablement pluridisciplinaires. La possibilité de définir de nouvelles méthodes autour de questionnements inédits, engage différents aspects des disciplines SHH, SPI et Sciences de la nature, autour d’objets interdisciplinaires émergents, en relation avec des dynamiques d’innovation.

Le projet de recherche piloté par N. Simonnot, consacré jusqu’ici au champ des représentations des ambiances, envisage d’explorer l’art de la mise en valeur et de la présentation (et non plus seulement de la re-présentation), au travers d’objets inédits, tels que les vitrines et l’art de l’étalagisme, dont la bibliographie abondante et atypique laisse augurer de vastes possibilités d’exploration. Partant des recherches déjà existantes sur les vitrines au milieu du XXe siècle, cette nouvelle investigation vise à comprendre les phénomènes de développement des microstructures commerciales en centre-ville, dans l’héritage du modèle de l’hypermarché hérité des trente glorieuses, avec des questionnements autour du retour au commerce de proximité et à la redéfinition d’une nouvelle échelle urbaine.

- La question patrimoniale est saisie à travers d’autres objets centrés sur le marketing urbain, avec des problématiques orientées vers l’héritage et la mise en valeur des « sens » et des mémoires d’autrefois. Autour d’une appropriation de la mémoire sensorielle par les pouvoirs publics et les collectivités territoriales, et de ses possibles bénéfices touristiques, les questionnements seront orientés vers la mise en perspective critique de l’instrumentalisation de la notion d’ambiance, particulièrement sensible dans des sociétés fragilisées par les aléas économiques. Une thèse est associée à cet axe de recherche.

- Le troisième axe de recherche s’intéresse aux rapports qu’entretiennent processus biophysiques et sémantique culturelle, à travers l’éclairage nocturne des parcs et jardins publics urbains. Les questions soulevées relèvent, à la fois, des sciences du vivant (effets de la lumière artificielle sur la physiologie des plantes), des technologies de l’éclairage, de l’histoire du paysage, de l’anthropologie culturelle et des politiques urbaines. Piloté par G. Farhat (LéaV), il engage des chercheurs de l’INRA et de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Val-de-Seine. Une thèse est en préparation.