Séminaires doctoraux

Séminaires doctoraux

© Hélène Orlati

Séminaire doctoral mensuel 2017-2018

Dates (premier semestre) 10h-13h / 14h-18h :
  • Samedi 23 septembre 2017
  • Samedi 21 octobre 2017
  • Samedi 25 novembre 2017
  • Samedi 16 décembre 2017
  • Samedi 20 janvier 2017  
Lieu :  Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles, 5, avenue de Sceaux, 78000 Versailles.  Salle M 103. 

 

 

Formes d’interaction entre disciplines artistiques et architecture

Annalisa Viati Navone, professeur HDR  
Séminaire dans le cadre de la formation doctorale  
L’architecture du XXème siècle a dû composer, depuis ses débuts, avec la question de la contamination et interaction entre les disciplines artistiques et celle de leur intégration, scellée par la formule générique de « synthèse des arts », ainsi que l’entendait Le Corbusier à propos de son œuvre, et la revendiquait : « L’architecture est à Elle seule un évènement plastique total […] l’architecture en certaines occasions peut satisfaire à ses taches et augmenter le plaisir des hommes par une collaboration exceptionnelle et magnifique avec les arts majeurs. » Proposée avec détermination par les avant-gardes artistiques au début du siècle dernier (en particulier le futurisme et le constructivisme), par certains groupes opérant au sein du Mouvement Moderne (Bauhaus, De Stijl, etc.) et protagonistes (Max Bill, André Bloc, etc.), l’idée de l’interaction entre les arts – et, en même temps, la recherche et l’élaboration d’expressions où se confondent les champs artistiques au sens traditionnel – s’affirme avec une certaine résolution au cours du XXème siècle.
Le séminaire a pour but d’investiguer les différentes formes d’interaction comme principe fécond de conception du projet, en appliquant la méthode inductive, partant de l’œuvre (et de sa fabrication) pour en chercher les possibles inspirations artistiques, déclarées ou non ; étudier les formes de collaboration entre architectes et artistes ; isoler de telles synergies pour identifier ce qui se produit au niveau du langage, de la signification de l’architecture et enfin de l’interprétation que l’observateur est appelé à lui conférer.
Trois grandes catégories sont alors identifiées et présentées. La première est celle de la collaboration entre architectes et artistes, où l’interaction se produit au moyen d’un travail collectif, par la discussion et les ajustements réciproques. La deuxième revient plutôt à la contamination entre disciplines qui se produit par le biais de l’intertextualité. Il est un fait établi que, pour se libérer des dérives de l’éclectisme historiciste, les architectes ont souvent cherché de nouvelles expressions à partir de l’observation des architectures peintes, des scénographies, des procédés formatifs de la sculpture, puisant donc dans des codes linguistiques « autres ». Cette attitude a ensuite été assimilée, l’art est donc devenu un « intertexte » tacite, implicitement utilisé dans la création, donnant lieu à des épisodes difficilement attribuables à un champ disciplinaire précis. Les mariages d’objets qui peuplent la peinture puriste de Le Corbusier et qui animent aussi la composition de la Villa Stein de Monzie, devenant une condition indispensable au plan libre en sont un exemple. La troisième catégorie peut être considérée en tant qu’une forme de « transferts culturels intersémiotiques » (Roman Jacobson, 1963), c’est-à-dire une « traduction intersémiotique ou transmutation [qui] consiste en l’interprétation des signes linguistiques par des systèmes de signes non linguistiques » comme, par exemple, la transformation d’un roman en un film ou de la sculpture en architecture, parcours qui s’apprécie par exemple chez André Bloc. Les séances seront consacrées à la présentation de plusieurs cas d’étude issus des recherches récemment menées au LéaV (notamment Découvrir la figure et l’œuvre d’André Bloc 1896-1966 et Formes émouvantes. Sur la captation savante de l’œuvre d’architecture au XXème siècle) à travers différentes méthodologies d’analyse. Certaines sont propres à l’architecture, d’autres mises au point par la critique d’art et littéraire - cette dernière étant sensible au différents niveaux d’interprétation dont une œuvre peut faire l’objet -, d’autres encore élaborées au sein des sciences cognitives, des neurosciences et de la neuroesthétique et qui seront adaptées au cas de l’architecture. Le but étant de contribuer au développement de nouveaux outils aptes à démêler de manière de plus en plus précise les formes d’interaction entre l’architecture et ses territoires proches.