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Les territoires de l'industrie : un séminaire en travail

2015

Les territoires de l'industrie : un séminaire en travail

Les territoires de l'industrie : un séminaire en travail
Séminaire
le mardi 21 juillet 2015, 14h30

 

Séminaire proposé par Gwenaël Delhumeau et Aurélien Lemonier.

Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle,  Centre Pompidou ;

LéaV, laboratoire de l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles.

 

Programmation :

16 juin, 14h, bibliothèque Kandinsky.

21 juillet, 14h, bibliothèque Kandinsky. 

 

À la manière d’un processus en travail, le séminaire que l’on voudrait préfigurer dans les deux prochaines séances à venir s’organise avec et autour du paysagiste et plasticien Bernard Lassus. Il s’agirait ainsi de revenir au tronc commun de l’étude des processus qui traverse sa pratique et son enseignement pour interroger avec lui ce que recouvrent les territoires de l’industrie lorsqu’ils façonnent la notion même d’environnement.

Le processus en architecture engage toujours un jeu d’acteurs ; le projet tiendrait dans la capacité à l’orienter, l’organiser, le rendre lisible à l’épreuve même de la production. Et s’il prend en charge quelque chose, ce sont bien les conditions de transformation de la ville, de l’architecture, du paysage, du territoire, de la société,  autant dire de «l’environnement ».

Si Bernard Lassus parle de « paysage démocratique », s’il préfère le terme de concertation à celui de participation, s’il étudie dans la durée les marges des territoires industriels et s’il pense à la réalisation d’un « paysage critique », c’est justement que lui même interroge, tourne et retourne cette notion polysémique qui depuis les années cinquante a intégré de plain-pied le vocabulaire du design et de l’architecture.

On voudrait ainsi opérer un décadrage en ouvrant sur la question du mode relationnel des artefacts industriels dans la pluralité même de leurs échelles, physiques et temporelles – des objets utilitaires à l’architecture, des jardins aux infrastructures territoriales. Décentrer produirait une autre visibilité incluant tout à la fois décor, design, ambiance, architecture,  paysage, écologie, écosophie. Voilà désignés les territoires de l’industrie – et peut-être ceux de la nature en même temps – comme production de systèmes de représentation.

On se souvient qu’en 1974, Lassus faisait partie de ceux qui inaugurent la programmation du Centre de Création Industrielle. L’exposition du « Démeusurable » ouvrait alors la proposition théorique d’un « paysage critique » au Pavillon de Marsan et Lassus prenait position en reprenant à son compte une question implicite : « Beaubourg pourquoi faire? » Ce séminaire tournerait ainsi la question en « Beaubourg comment faire ? ». On jetterait alors en guise de piste un regard exploratoire sur les modes d’appropriation individuelle et collective de ces territoires de l’industrie en question – ceux-la même de la création industrielle.

On sera par exemple amené à interroger la place des archives et d’une collection d’œuvres comme celles de Bernard Lassus au sein du musée (pierre d’attente d’une archive de la participation ?). Comment concrètement sélectionner, enregistrer, constituer de ces traces autant de cheminements, de récits, et pour ainsi dire autant de Lassus ?

Dans la même dynamique et avec en ligne de mire la conception d’une salle au sein du musée consacrée au travail de Lassus, comment exposer – scénographier, scénariser –  le jeu des pratiques et des modes de décisions propres au projet ? Le catalogue d’une telle présentation ne formerait-il pas idéalement la trace même de ces échanges exploratoires ?

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